• Ceaucescu la folie du pouvoir
Réalisateur(s) : Patrick Chamming's
Auteur(s) : Patrick Chamming's, Dominique Bromberger
Année : 1999 Durée : 54 minutes

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documentaire

Partenaire(s) : Calliope Productions - La Cinquième

Diffusion(s) : La Cinquième - France 5

Festival(s) :
Synopsis :

Il fut le plus adulé de tous les dirigeants communistes d'Europe. Il prétendit tenir tête à l'Union Soviétique. On l'appela ''Le Géant des Carpates''. Il institua la plus sombre des terreurs. Il fit table rase du passé, de sa capitale, de son peuple. Il crut que l'Histoire commençait avec lui. La folie coûta la vie de Nicolae Ceausescu sans qu'il n'ait rien compris de la révolte de son peuple.

Conflit - Histoire - Pouvoir - Politique

CEAUSESCU, LA FOLIE DU POUVOIR
un documentaire de 54 minutes

Réalisation
Patrick Chamming’s

Commentaire
Dominique Bromberger

Intervenants
Mihai Mihai Florescu , ministre de la Chimie de 1967 à 1982
Cornel Ivanciuc, spécialiste de la Sécuritate
Ion Iliescu, président de la république
Florin Tudose, psychiatre
Silviu Brucan, membre du PC roumain de 1940 à 1988
Niculescu Mizil, ministre du Renseignement de 1972 à 1976, proche de Ceausescu
Corneliu Manescu, ministre des Affaires Etrangères de 1960 à 1972
Camil Roguschi, architecte
Ilie Suciu Popescu, membre de la télévision roumaine
Minodora Ilie, proche de la famille Ceausescu
Paul Minea, prisonnier politique de 1948 à 1964
Radu Dimitriu, prisonnier politique de 1948 à1964

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01:00:28
Hommage à Ceausescu.
Que le pays et le peuple s’élèvent dans la gloire, guidés par le héros des héros ! Vive Nicolae Ceausescu, pour la gloire des temps nouveaux !

01:00:40
Chant homme seul.

01:00:46
Il fut le plus adulé de tous les dirigeants communistes d’Europe. Il prétendit tenir tête à l’Union Soviétique. Il se fit appeler « le géant des Carpathes » Il institua dans son pays la plus sombre des terreurs. Il fit table rase du passé, de sa capitale, de son peuple même.
Il crut que l’histoire commençait avec lui, sa folie lui coûta la vie, sans qu’il n’eut rien compris de la révolte de son peuple.

01 :01 :12
Le dernier discours de Ceausescu.
Ces grandes manifestations populaires de Bucarest, nous les considérons comme une....(huées)


01:01:33
Gardez votre calme ! Allô ?!
Restez calmes !

01 :01 :46
A la télévision centrale, c’est la panique. Nul ne sait que faire, mais Ceausescu saura t’il se reprendre.

01:01:59:00
Nous avons décidé d’augmenter, à compter du 1er janvier, le salaire minimum de 2000 à 2200 lei.

01:02:25
Interview : Corneliu Manescu.
Ce meeting lui a été fatal.
Le mécontentement qui s’était accumulé pendant des années, s’est transformé en un ouragan qui a tout balayé, y compris Ceausescu.

01 :03 :00
La place est évacuée par la force, mais c’est un flot humain qui se déverse dans les rues. Tout paraît désormais possible aux habitants de Bucarest. Les massacres de la nuit ne sauraient les arrêter. Au petit matin, c’est une foule venue des usines de la périphérie qui marche sur le comité central. Mais sur la place, l’armée déjà se rallie à la Révolution. Et quand un hélicoptère se pose sur son toit, les manifestants se lancent à l’assaut de l’immeuble du pouvoir.
C’est d’extrême justesse que les Ceausescu parviennent à s’enfuir, comme en témoigne un de leurs fidèles.

01:03:58
Slogan révolutionnaire.
Ne tirez pas sur le peuple!

01:04:05
Ohe, ohe, ohe! Ceausescu, c’est fini !

01:04:30
Hommage à Ceausescu.
Pleins d’admiration, les travailleurs sont venus apporter leur vibrant hommage à l’éclatant architecte de la nouvelle ère patriotique, Nicolae Ceausescu, dont les desseins inspirés et réalistes ont ennobli la Roumanie de réalisations grandioses.

01 :04 :49
Dès la fin des années 1960, la flagornerie des journalistes et des auteurs roumains ne connaît aucune limite. Mais Nicolae et Elena Ceausescu se voient aussi accueillir à l’étranger avec les hommes les plus flatteurs. Ils s’enivrent des fastes des vieilles monarchies. La servilité des dirigeants occidentaux leur donne à penser que tout leur est permis. Ce couple presque illettré collectionne les distinctions universitaires dans les pays qu’il visite. Nicolae et Elena se comptent au nombre des plus grands.

01 :05 :25
Interview: Silviu Brucan
En 1951, j’ai fait une découverte extraordinaire. Premièrement, il ne savait pas écrire en langue roumaine. Il était très faible dans la théorie marxiste. Il n’a pas lu le Capitale de Marx, il n’a pas lu Engels, il n’a pas lu Lénine ; mais le problème du Léninisme écrit pas Staline, il le connaissait par cœur. Il pouvait réciter des pages entières de Staline. Il avait des difficulté »s à parler, il balbutiait.
Et ça lui a donné un complexe d’infériorité, qu’il a réussi finalement à battre et il est devenu un orateur de masse extraordinaire. Ca vous dit quelque chose sur la volonté de faire.

01 :06 :24
Nicolae Ceausescu naît en 1918 dans Une famille de paysans modestes. Dès l’âge de 11 ans, en partie pour fuir un père alcoolique, il part pour Bucarest. Il y rencontre Elena Petrescu qui sera la femme de sa vie. Mais il milite au sein du PC clandestin ce qui lui vaut plusieurs peines de prison. Elena lui rend visite chaque semaine.
Il devient en détention pendant la guerre le chien de garde le plus fidèle de Gheorgiu Dej.
Après l’entrée des troupes soviétiques à Bucarest, il épouse Elena. En 1947, les communistes s’emparent du pouvoir. Dej est tout puissant. Il confie au jeune Ceausescu le soin d’épurer l’armée avec le grade de général. Nicolae s’acquitte avec un zèle farouche de sa tâche.

01 :07 :21
Interview: Silviu Brucan
Pendant Georghiu Dej, il y avait en Roumanie des goulags. C’était un régime de destruction physique et morale.

01:07:32:00
Interview : Cornel Ivanciuc.
Jusqu’en 1964, la Securitate a assassiné environ 300 000 personnes. Les gens étaient terrorisés par la Securitate.

01:07:47
Interview : Radu Dumitriu
Le travail physique était une condamnation à mort, à petit feux, par l’affaiblissement et l’épuisement physique.

01:08:03
Interview prisonnier politique
J’ai travaillé, j’ai creusé le canal du Danube à la Mer Noire, des jours, des mois et des années durant, avec ma pioche, en hiver, dans la terre gelée.
C’était un travail au-delà de toutes forces humaines, et pourtant je l’ai fait.
C’était le sort de ceux qui devaient payer pour leurs convictions.
Nous étions indésirables pour ce régime. Pour eux, nous ne devions pas exister.

01:08:46
Interview : Paul Minea.
Toutes ces mesures se prenaient au comité central, où Ceausescu était le directeur politique. Il était le cerveau qui commandait tous les ministères. Chaque ministère était la façade du régime, mais les décisions importantes étaient prises au comité central où Ceausescu était la main droite de Gheorghiu Dej qui l’avait fait général.

01:09:15
Interview : Corneliu Manescu.
A l’époque, il n’y avait aucun domaine où il ne commandait pas et ne décidait pas.

01:09:25
Interview Corneliu Manescu
C’était un fanatique, non pas au sens simpliste du terme.Ce n’était pas dans le sens d’une simple faiblesse humaine. Il avait une ambition hors du commun.

01 :09 :50
Gheorgiu Dej est emporté par un cancer. Il a obtenu en 1958 le départ des troupes soviétiques de Roumanie. Avant de mourir, il accuse devant ses proches, les Russes d’avoir provoqué sa mort en le soumettant à des irradiations.
En accédant au poste de secrétaire général, le jeune Nicolae Ceausescu s’est fait beaucoup d’ennemis. Les accusations de Dej contre Moscou résonnent encore à ses oreilles. Il augmente le nombre d’agents de la Securitate chargés d’espionner les officiels.

01 :10 :24
Interview: Mihai Florescu
Dominique Bromberger : Est ce que vous avez voté pour Nicolae Ceausescu en 1965 ?
Mihai Mihai Florescu : Bien sûr, en croyant que ça allait changé. Mais je me suis trompé...vous voyez, je le reconnais.

01:10:43
Discours de Ceausescu à la tribune.
Le 9e congrès du parti communiste roumain restera inscrit en lettres d’or dans l’histoire de la Roumanie.

01:10:56
Interview: Silviu Brucan
Il restait dans son intérieur très rigide d\'un fanatique. C\'était une personnalité extrêmement intéressante de ce point de vue. Quand des raisons politiques dictaient la flexibilité, il calculait très bien ses mouvements. Il était un Grand calculateur politique.

11 :24
De Gheorgiu Dej, il a retenu que le nationalisme payait en Roumanie.
Il fait libérer des intellectuels qui , du coup, l’encensent. L’adulation lui apparaît comme une reconnaissance tardive de ses mérites.

01 :11 :42
Interview: Razvan Téodorescu
Moi, personnellement, mis à la porte de l’université en 1959 pour attitude anti-soviétique, je fus réhabilité en septembre 1965. J’avais toutes les raisons de croire que ce type est quelqu’un de bien et je pensais que c’était le type qui allait mener la formule socialiste du pays dans un sens national.
01 :12 :14
Pourtant, une pensée l’obsède. Il voudrait tout savoir de ce qui se passe dans la tête de chaque roumain mais surtout de ces collaborateurs. Les domiciles de ces derniers sont mis sur écoute et Elena se délecte à entendre les enregistrements réalisés dans les chambres à coucher.

01:12:33
Interview : Cornel Ivanciuc.
Sous Ceausescu, il y avait beaucoup moins d’assassinats. Mais la Securitate a entretenu sa légende, son mystère. On avait l’impression qu’elle était partout.
La Securitate roumaine n’avait pas des milliers d’officiers comme en Allemagne.
Non ! Mais elle était plus efficace et cultivait le mythe de sa toute puissance, de son ubicuité.

01:13:06
Interview : Paul Minea
C’était ça, la méthode Ceausescu :qu’en permanence, on se sente suivi, que l’on fasse attention à qui on parlait et de quoi on parlait, car tout était surveillé, tout était enregistré.

01 :13 :22
Déjà il accumule les titres, il vient d’être élu président de la République. Il brandit le sceptre des anciens souverains. Il est premier secrétaire du Parti, mais il sera également président du conseil d’état, président du conseil de défense et commandant en chef des armées, président du conseil supérieur du développement économique et social, président du conseil des ouvriers, président du front de la démocratie et de l’unité socialiste. Tout cela mérite bien quelques congratulations.

01 :13 :53
Interview: Siliviu Brucan
En politique interne, il était un dictateur tyran, mais en politique externe il avait du génie.

01 :14 :18
Dès la rupture sino-soviétique, Nicolae Ceausescu a fait savoir qu’il ne s’alignerait pas sur les positions de Moscou. Au contraire, il conclut un accord commercial avec Pékin. Mieux, il est le premier à établir des relations diplomatiques avec l’Allemagne de l’ouest. Et plus fort encore, le 16 août 1968, il signe avec Alexandre Dubcek, le principal acteur du printemps de Prague, un traité d’amitié. Quand le 21 août, les blindés du Pacte de Varsovie envahissent la Tchécoslovaquie, sa réplique est immédiate.

01:14:54
Nous avons décidé, à l’unanimité, d’exprimer notre entière solidarité avec le peuple tchécoslovaque, avec le parti communiste tchécoslovaque.

01 :15 :06
Interview: Ion Iliescu
En 1968, il était au point maximum de sa popularité. Tout le peuple l’avait soutenu et il y avait un grand nombre d’intellectuels qui sont entrés au Parti pour démontrer ce soutien politique au Parti et personnellement à Ceausescu. C’était une période positive en général pour le pays.

01 :15 :38
Dès lors Nicolae Ceausescu n’est plus seulement un héros national, il est devenu l’une des grandes vedettes de la scène mondiale, il voyage partout. Les grands de ce monde se pressent à Bucarest, où Richard Nixon fait en 1969 une visite historique.

01:15:54
Phrase de Nixon lors de sa visite.
Vive l’amitié roumano-américaine !

01 :16 :11
En début d’après midi, une partie de la foule met à sac l’immeuble du Comité Centrale, tandis que l’autre crie « Ne détruisez pas les preuves ! ». A ce moment le pouvoir est à prendre, il ira à ceux qui s’y sont le mieux préparé.

01:16:26
Iliescu à la télévision.
Le principal coupable, c’est Ceausescu, cet homme sans cœur, sans âme, sans cerveau... un fou !

01 :16 :40
A l’intérieur du Comité Central, on trouve des jeunes gens et des ouvriers qui viennent de prendre d’assaut ce symbole du pouvoir, les communistes écartés autrefois, qui sont les seuls à disposer le peu d’expérience nécessaire, les fidèles du régime qui n’ont pas pu s’enfuir.

01 :16 :55
La foule et les soldats stupéfaits découvrent un réseau de souterrains qui auraient dû favoriser la fuite des époux Ceausescu. Ces tunnels imaginés par un esprit obsédé par les complots courent sous toute la ville et jusqu’au palais présidentiel ou se trouve une unité spéciale de la Sécuritate. Ils auront été inutiles.

01 :17 :13
A bord de l’hélicoptère, Ceausescu entend les révolutionnaires crier leur joie à la radio. L’armée de l’air abandonne.

01:17:23
Interview : Corneliu Manescu.
La fin a été lamentable : partir avec un hélicoptère, à 30 km de Bucarest. Pour quoi faire ? Il pouvait prendre n’importe quel avion pour aller, je ne sais pas, en Libye ou ailleurs...Mais, avec l’hélico, il n’avait aucune chance.
01 :17 :51
Le couple présidentiel est abandonné par le pilote de l’hélicoptère au bord d’une route. Leurs gardes du corps en sont réduits à s’emparer d’une voiture.

01 :18 :04
Interview Razvan Téodorescu
C’était le moment où le couple qui dominait la Roumanie, le couple qui se croyait immortel a eu la conscience de sa solitude.

01 :18 :22
1971, c’est un tournant décisif pour Ceausescu. Toutes les digues psychologiques qui le rattachent au bon sens politique, tombent tant il est enthousiasmé par les spectacles gigantesques organisés à l’occasion de son passage par Mao Tse Toung et le nord coréen Kim Il Sung. La Roumanie doit s’engager sur cette voie.


01 :18 :44
Interview: Ion Iliescu
Il était fasciné par le modèle de Kim Il Sung. Il a vu dans ce modèle coréen un contrôle total de la part du dictateur. J’ai exprimé ma surprise sur son enthousiasme en ce qui concerne le modèle coréen. Je lui disais : « Comment pensez-vous que ce modèle est approprié pour un pays européen ? » Au retour, il m’a accusé d’intellectualisme. Je lui ai dis : « Qu’est ce que ça veut dire ? » Il a promis de me l’expliquer de manière plus concrète mais je n’ai pas eu de réponse. Alors il, m’a argumenté que je devais accumuler de l’expérience. C’était la manière chinoise pour la rééducation du peuple.

01 :19 :43
Interview: Brucan (off)
Quand il est revenu en Roumanie, il a prononcé un discours dans lequel il a annoncé cette nouvelle politique de révolution culturelle et en même temps d’un régime plus répressif et policiste. C’était le moment de changement radical de sa stratégie.

01 :20 :10
Ceausescu veut faire aussi bien et mieux que les Chinois et les Coréens du Nord. Il ne lui suffit pas de mettre en scène ses forces armées ou des foules immenses. Il faut encore que ces manifestations exaltent l’histoire de la Roumanie dont il est l’ultime incarnation.
Par tous temps, écoliers, lycéens, paysans ouvriers répètent le ventre creux après leurs horaires de travail une chorégraphie qui doit être parfaite. Aucun faux pas ne saurait être admis par celui qui se fait désormais appeler le Conducator, de guide suprême, et qui dit de lui même : « Des individus comme moi, on n’en rencontre qu’une fois tous les 500 ans ».

01:21:47
Interview : Florin Tudose.
Ses proches ont contribué, ont aidé à accentuer sa pathologie. Ils étaient, en quelque sorte, des contre-thérapeutes. Bien sûr il n’y avait pas, autour de lui, de vrais thérapeutes< personne n’osait parler des maladies de Ceausescu. À mon avis, ces gens-là ont contribué à l’évolution de sa paranoïa.

01:22:38
Nous le portons, avec vénération, dans notre cœur, ce grand et clairvoyant héros de la Roumanie.

01 :22 :16
Paranoïaque, tel est le diagnostic. Le paranoïaque est un malade qui se construit un univers mégalomaniaque destiné à masquer sa fragilité. Dans un premier temps, nous disent les psychiatres, le paranoïaque est assez bien toléré par la société. Ensuite ? c’est tout autre chose.

01 :22 :48
Interview: Téodorescu
On a commencer à ne parler que de lui. On a commencé d’omettre même les dirigenats du Parti Communiste, c’est à dire l’histoire du communisme roumain même. On a commencé à éclipser tout ce qui se passait auparavant, princes, voïvodes...Il n’était pas mentionné du tout, et il a commencé à être considéré. Le résultat lyrique d’une histoire qui commençait avec les Dases et les romains.

01 :23 :23
Elena accompagne en tout et partout son mari. La « camarade-académicienne-docteur-ingénieur » comme il faut la juger , entre au Politburo en 73 et devient vice premier ministre en 1980.

01 :23 :37
Interview: Mihai Florescu
Et pas à pas, l’insertion il l’a forcée jusqu\'à l’ascension d’une dictature personnelle bicéphale, parce que les malheurs étaient aussi bicéphales
et que le frère de sa femme était très mal.

01 :23 :57
Sèche, sans aucune grâce, elle ne tolère pas qu’une femme plus jolie figure à côté d’elle sur une photo. Elle haïssait la terre entière, ne cachait pas parfois un peu de mépris pour son mari et faisait régner la terreur dans l’entourage du Parti et du gouvernement.



01:24:19
Interview : Cornel Ivanciuc
C’était une obsession permanente du couple Ceausescu, que la nomenklatura et leurs proches puissent fomenter un coup d’Etat.

01 :24 :27
Interview : Mihai Florescu
Les microphones...il avait peur, il y en avait partout, dans tous les bureaux où je travaillais et dans les maisons. Aussi, le système de sécurité était très fort, c’est pour cela qu’il a réussi.

01:24:40
Interview : Cornel Invanciuc
Beaucoup cédaient à cette pression formidable, terrible, exercée par les officiers de la Securitate. Il y en a très peu qui ont refusé, qui ont résisté.

01:24:51
Interview: Mihai Florescu
A chaque mouvement, si on faisait une petite critique, il destituait n\'importe qui de sa fonction, il envoyait l\'ambassadeur quelque part en Amérique du Sud ou en Afrique.

01 :25 :11
Regardez bien ce document, cette bastonnade est paraît-il une coutume germanique en Roumanie. On bat et on est battu. C’est l’une des rares fois où vous aurez pu voir rire Ceausescu.

01 :25 :25
Interview : Florin Tudose
Dominique Bromberger : Est ce qu’ Elena Ceausescu avait les mêmes traits de caractère que lui ?
Florin Tudose : Elena Ceausescu souffrait, elle aussi, de cette perturbation de la personnalité : elle était complétement paranoïaque. La paranoïa de Ceausescu était plus positive, il blaguait même, il était toujours en action. Tandis qu’Elena avait un tempérament sombre, dépressif, elle était très soupçonneuse, chose qu’elle a peu à peu transmise à son mari.

01 :26 :04
Dans les années 50, Elena, secrétaire au Ministère des Affaires Etrangères est licenciée pour incompétence. Elle se met en tête de devenir chimiste, suit des cours du soir, ne passe ses examens que sur intervention politique à la troisième tentative. Rapidement, elle est nommée ensuite directeur de l’Institut de Chimie de Bucarest. Elle publie dès lors livres sur livres.

01 :26 :30
Interview: Mihai Florescu
Non, elle n’a écrit aucun livre ! Elle n’était pas capable d’écrire un livre, un article.
Dominique Bromberger : On dit que vous avez aidé à donner des diplômes à Elena Ceausescu.
Mihai Florescu : Non, je ne savais rien ! Je n’étais pas mêlé dans cette affaire. Tout était fait par la propagande du Comité Central.

01:26:56
Hommage à Elena : poème.
Elena Ceausescu : un nom que le monde entier
Prononce, à juste titre, avec respect,
Un cœur qui bat, sans relâche, pour la Roumanie,
Assidu, au service du pays par ses actes et ses idées.

01 :27 :10
Au cours des déplacements à l’étranger, la hantise des diplomates roumains était de trouver une université pour décerner un diplôme au couple présidentiel tant Nicolae mais surtout Elena étaient obsédés par les honneurs.

01:27:26
Visite au président Carter.
C’est la quatrième visite du Président Ceausescu avec sa femme Elena aux Etats-Unis. Leur influence à travers le monde, en tant que dirigeants de la Roumanie, est exceptionnelle.
01 :27 :50
Mais Elena veut toujours plus de pouvoir. Elle devient Ministre de la Science et de la Culture. Son premier geste consiste à réduire de moitié la subvention au Théâtre National . Le directeur de cette institution, parvient à rencontrer Nicolae et le persuade de rétablir le financement u nom du rôle idéologique joué par le théâtre. La revanche d’Elena sera spectaculaire.

01 :28 :14
Interview: Silviu Brucan
Elena Ceausescu a été informée de ce renversement dicté par Ceausescu. Et elle a décidé que chaque soir, la liste des visites de Ceausescu pour demain serait approuvée par elle. Ca vous donne une idée de la croissance de son autorité sur Ceausescu.

01 :28 :43
Interview: Niculescu Mizil
J’ai eu quelques discussions personnelles avec Ceausescu. Je lui ai dis : « Camarade Ceausescu, nous avons l’exemple de Mao Tse Toung et de sa femme, de ce qui s’est passé en Chine ».

01 :29 :01
Interview: Mihai Florescu
Sa femme, quand elle voulait obtenir quelque chose le menaçait de révéler aux russes sa position réelle envers l’Union Soviétique. Vous voyez, je vous ai dis quelque chose dont je n’ai jamais parlé.

01:29:16
Interview : Corneliu Manescu.
Ceausescu était la face officielle, il commandait tout !
Mais Elena s’était constitué ses propres réseaux d’influence. Ensemble, ils atteignaient leur but, agissant en parallèle, détenant de fait, chacun, ses instruments de pouvoir.

01 :29 :44
Rien ne saurait être trop grand pour la Roumanie et son chef. Ceausescu ne rêve que des complexes économiques géants. Il construit l’industrie autour de 2 pôles, la pétrochimie et la sidérurgie. Mais les réserves pétrolières de la Roumanie s’épuisent et l’acier en surproduction est bradé au tiers monde. Une usine roumaine demande quatre fois plus d’énergie que son équivalente occidentale pour le même résultat. Un combinat consomme à lui seul autant que Bucarest. Il est vrai que les habitants de la capitale n’ont droit qu’à une ampoule de 40 watts par pièce, que l’usage des réfrigérateurs et des machines à laver est interdit et que la température maximale tolérée en hiver dans un appartement est de 14 degrés.





01 :30 :30
Interview: Silviu Brucan
Tout ce qu’il voulait, il a réussi à le réaliser. C’était son Stalinisme qui a inspiré cette décision contre-économique, contre-productive, sans aucun c... pour remarcher et c’est une des causes de nos difficultés maintenant.

01 :31 :08
La Roumanie dispose depuis toujours de riches terres agricoles, mais la collectivisation là comme ailleurs a fait baisser les rendements.
Pour la première fois en 1981, le pain est rationné. Le couple présidentiel décrète que les roumains mangent trop. Ceausescu établit un menu idéal.

01:32:37
Interview: Florin Tudose.
Il n’a jamais compris ce qui arrivait aux autres.
D’ailleurs, il n’a jamais visité d’hôpital. En 25 ans de pouvoir, il n’a jamais visité le moindre dispensaire !
Il a fait une tentative à l’occasion du tremblement de terre de 1977.
Mais, il a quitté, très vite, les lieux qu’il visitait.

01 :31 :51
Pour rembourser la dette extérieur, on n’approvisionne plus les magasins. A Brasov, chaque habitant a droit à 7 grammes de farine, 29 grammes de sucre, 23 grammes de viande de porc par jour, quand on les trouve dans les boutiques. Les roumains ont faim.

01 :32 :08
Dernière trouvaille délirante, la construction de 6 cantines collectives géantes capables de servir chacune 80000 repas par jour. Elles n’entreront jamais en fonctionnement.

01 :32 :21
Ces recrues qu’on ne nourrit pas servent de main d’œuvre gratuite. Les lycéens et les étudiants doivent consacrer une grande partie de leur vacances à des travaux d’intérêt collectif. Ils tombent souvent d’épuisement.

01 :33 :06
Interview : Florin Tudose
C\'est sa peur obsessionnelle d’être contaminé par une maladie qui peut expliquer ce comportement, mais, en fait, il restait insensible à toute forme de souffrance humaine. Il n’arrivait pas à croire que les gens puissent avoir des sentiments propres.

01 :33 :37
Dans l’après-midi, alors que les combats se poursuivent à Bucarest, Nicolae et Elena Ceausescu arrivent à Tirgoviste. Ils comptent sur la loyauté de la Securitateet de la milice. Mais là aussi la ville s’enflamme. Ils sont livrés à l’armée qui va les dissimuler trois jours durant dans Une caserne.

01 :33 :57
Interview: Razvan Téodorescu
Ce fut un moment où nous nous sommes rendus compte qu’il était abandonné. Lui, j’ai l’impression, n’y croyait pas encore. Il était tellement ivre de son pouvoir, il était convaincu qu’il avait le peuple près de lui. Il était condamné de toute façon par l’histoire. Ce fut le moment, disons, qui a sonné la révolution.

01 :34 :41
En 1977, le terrible tremblement de terre à Bucarest apparaît à Ceausescu comme une opportunité magnifique. Il va raser ce qui reste du centre. Et recréer une nouvelle ville, sa capitale.

01 :35 :00
Interview: Razvan Téodorescu
Il y a pas mal d’autres villes qui ont été maltraitées, mais Bucarest, monsieur, c’est la seule ville du monde qui fut agressée pendant une époque de paix.

01 :35 :17
Le Bucarest des monastères et de la ferveur religieuse du 15ème siècle, celui des maisons cossues et de la prospérité bourgeoise de l’entre deux guerres n’est pas le sien, il doit disparaître.

01 :35 :34
Interview: Razvan Téodorescu
Il y a eu des drames terribles, des gens qui ont dû quitté leurs maisons en quelques heures, des hommes qui se sont suicidés. Ce sont des tragédies que l’occident n’a jamais connues. Il faut le dire, il y a eu très peu d’architectes qui ont eu le courage de dire non et de protester.

01 :36 :02
Pour tenter de construire le plus grand centre de conférence du monde, il fait raser à la périphérie de la capitale un quartier de 2.000 hectares... et bien entendu abattre le plus beau monastère des Balkans. Le monde commence à s’émouvoir de cette folie destructrice. Des intellectuels, l’UNESCO s’alarment. C’est trop tard. Pour tant le Palais des Congrès ne sera jamais édifié, ses fondations se sont enfoncées dans les marais.

01 :36 :36
Interview: Razvan téodorescu
Il paraît qu’il a arrêté les travaux de démolition qui ont été repris quelques jours pus tard sur l’ordre d’Elena Ceausescu. Ici j’ai des preuves que c’est elle qui a eu un rôle absolument néfaste. Et ensuite l’état des choses a empiré. On a voulu détruire plus d’une dizaine d’églises, de monuments historiques.




01:37:05
Interview: Minodora Ilie.
Un jour, le Patriarche, désespéré, m’a fait savoir qu’il avait reçu un mot de Nicolae Ceausescu. Il disait qu’il ordonnait de démolir des églises d’une valeur extraordinaire.

01:37:20
Interview: Minodora Ilie
J’ai réussi à entrer en relation avec la belle-sœur de Ceausescu, Adela Petrescu, qui est intervenue avec force, disant que c’était une honte pour la Roumanie de faire des choses comme ça, que nous serions jugés par la postérité.

01 :37 :39
Interview: Razvan Téodorescu
Nous étions cinq ou six intellectuels qui ont protesté et obtenu qu’elle soit translatée à plus de 200 mètres.

01 :38 :11
L’église a bien été déplacée, non pas détruite, mais Ceausescu tient sa revanche. Il l’a dissimulée aux yeux de tous ou presque. Des tours d’habitations la cachent aux visiteurs distraits.

01 :39 :07
Plus rien ne le retient, il fait raser des villages dans les alentours de Bucarest, construire des immeubles, sans chauffage, sans sanitaires, parfois sans eau courante.

01:38:31
Interview: Florin Tudose.
Ceausescu avait reçu une certaine éducation religieuse. Sa mère était très pratiquante, bigote même. Ce n’était pas le cas d’Elena qui a tout fait pour éloigner son mari de l’Église.

01:38:53
Interview: Razvan Téodorescu
D’après leur attitude sur la religion, je crois bien qu’ils voulaient ôter toute mémoire.

01 :39 :33
Il faut abolir les différences entre les ouvriers et les paysans, bâtir un monde nouveau comme personne, nulle part, n’a su le faire.

01 :39 :17
Un geste et un quartier disparaît, un geste et un autre naît. Sait-il seulement que des hommes souffrent et meurent comme au temps des pyramides ? Sans doute pas, il est tout à son rêve désordonné et cent fois recommencé.




01 :39 :42
Interview Camil Roguschi
Ceausescu ne connaît pas les plans. Il ne peut pas faire une remarque sur les plans. Alors, on lui dit avec les mains, on, lui propose. On doit lui faire des maquettes, mais même les maquettes ne sont pas suffisantes.

01 :39 :59
Interview: Razvan Téodorescu
On traçait des courbes d’après ses gestes. Ce sont des histoire qui peuvent arriver peut-être dans le monde persan, turc, le chah ou le sultan font des signes et sont inspectés par les autres.

01:40:25
Interview: Florin Tudose.
Dans les 15 dernières années de son règne, il croyait façonner un monde à sa volonté, selon ses plans , mais c’était un monde tellement froid, injuste et primitif, dans lequel il n\'existait aucune forme de joie.

01:41:06
Interview: Camil Roguschi
Il avait quitté le palais des autres dirigeants communistes. Il était impressionné par le palais de Kim Il Sung de Corée. Quand il est revenu de cette visite, il nous a dit qu’il voulait faire un nouveau palais représentant la suprématie du communisme auprès des démocraties occidentales . On a fait un concours d’architecture avec des Thèmes très étroits, 10 000 m2. Deux architectes ont fait un projet dix fois plus grand que le projet initial et ils ont gagné parce que Ceausescu ne pouvait pas dire : « Moi je veux un grand palais ». Ce sont les architectes et les autres dirigeants qui ont dit : « Tu es le premier personnage de Roumanie ; il te faut un palais plus grand ».

01 :41 :56
Alors s’érige le plus grand palais du monde. Comme à la tour de Babel, Nicolae Ceausescu y rajoute des étages, y mélange les styles. Les carrières de pierre ne produisent pas assez vite, peu importe, on termine des murs avec des parpaings. On épuise les marbrières, on dévaste des forêts entières. On travaille nuit et jour.

01 :42 :20
Les escaliers de marbre rivalisent avec ceux du Vatican. Les salles de réception sont hautes comme des immeubles de trois étages, les lustres plus lourds que ceux de Versailles. Et le grand balcon donne sur le boulevard de la victoire du socialisme, plus large et plus long que les Champs Elysées.

01 :42 :40
Interview: Camil Roguschi
Dominique Bromberger : Combien de temps il a fallu pour construire cet ensemble ?
Camil Roguschi : Je crois que c’est cinq années. Tout le centre a été fait en cinq ans.
Dominique Bromberger : Et combien de personnes ont travaillé ?
Camil Roguschi : 100 000 personnes.
Dominique Bromberger : Et combien ça a coûté ?
Camil Roguschi : Il n’y a pas de prix. Si on doit travailler, il faut le faire ; le coût ne compte pas.

01 :43 :16
Mais depuis quelques années, la rumeur se répand à l’étranger. Le seigneur de ce palais est le vampire de ce siècle finissant. Pour satisfaire à ses caprices, il boit littéralement le sang de son peuple. Seule la sinistre réputation de la Securitateempêche que ne se déclenchent des émeutes de la faim. Son pays est trop petit pour lui, il oblige ses sujets à faire des enfants souvent abandonnés dans des orphelinats qui sont des mouroirs. Il interdit la contraception. Et les vingt cinq palais de province construits pour lui restent vides.

01 :43 :59
Interview: Camil Roguschi
Par exemple, dans le palis présidentiel de K...., deux foix il est resté une heure. Deux fois ! Dans le palis de Sinaïa, nul, peut-être deux minutes seulement, lorsqu’il l’a visité. Il restait toujours à Bucarest dans sa maison, ou à Astragov où il avait une autre maison plus petite. C’est une maison qui ressemble à sa maison natale, une maison de paysan. Il a toujours été un paysan. Il a vécu comme Un paysan et il est mort comme un paysan.

01 :44 :36
Seules deux vaches ont été sélectionnées pour fournir du lait au couple présidentiel. Ceausescu s’alimente peu, il est obsédé par la peur des microbes, il est essentiellement végétarien. Tout ce qu’il mange est d’abord goûté, puis un petit morceau est envoyé au laboratoire central pour analyse. A l’étranger, il emmène sa nourriture, mais aussi sa propre literie, au cas où une poudre aurait été répandue dans ses draps.
Au fond, il n’a qu’une distraction, c’est la chasse. Il est le meilleur et le plus grand chasseur de Roumanie. Qui pourrait en douter ?
Les ours sont nourris à la viande fraîche qui manque si cruellement à l’alimentation des humains, et tout comme les sangliers, ils sont assommés de somnifères peu avant l’arrivée du grand homme.
Les tableaux de chasse sont brillants mais ne trompent que leur auteur.

01 :45 :34
Le couple présidentiel vit dans un monde fermé où ce sont toujours les mêmes photographes, les mêmes cameramen qui les accompagnent sept jours sur sept.

01:45:58
Interview: Ilie Suciu Popescu.
Une fois, Ceausescu s’en est pris à mon collègue, cameraman de SAHIA-film : « Pourquoi tu m’as coupé aux genoux ? On voit plus mes jambes ! » « Camarade-Président, j’ai fait ce qu’on appelle, techniquement, un plan américain. ». « Non, moi je veux des plans roumains, parce qu’on en a marre des Américains. »

01:47:01
Interview: Florin Tudose.
La plus grave des maladies de Ceausescu était son diabète. N’importe quel médecin vous dira que, si on ne soigne pas cette
maladie, cela peut conduire à une forte baisse des facultés mentales, qui joue sur la capacité de jugement et de décision. Il avait aussi un début de vieillesse psychologique, précoce.

01:47:32
Interview: Minodora Ilie
Je me suis rendu compte que Ceausescu ne savait même pas 1% de ce qui se passait dans le pays. Quand il apprenait quelque chose, il était intrigué, il n’arrivait pas à y croire. En fait, il était complètement isolé, il y avait ce mur dressé par son entourage qui lui mentait sur tout et qui souhaitait, au fond, un mauvais destin pour la Roumanie.

01 :48 :05
Interview: Ion Iliescu
Lui même a tout dégénéré. Je pense que dans les dernières années, mêmes les organes spéciaux créés pour l’informer faisaient une certaine sélection des informations qui sont acceptables par lui-même. C’est la tragédie de tous les dictateurs qui veulent savoir ce qui leur convient.

01 :45 :42
On joue la comédie de l’entente et du bonheur familial mais Zoïa leur fille déteste son père et sa mère. Elle a fait une fugue avant de se résoudre à admettre qu’elle était la fille d’un tyran et d’une sorcière. Tout sonne faux dans cette vie où chaque détail est contrôlé jusqu’au ridicule.

01 :46 :19
Ces dernières années, Ceausescu est de plus en plus seul. Il refuse même de se laisser soigner.Début 89, il adresse aux Roumains ce qui sera son ultime message de nouvel an.

01:48:28
Vœux de Nouvel An.
À la veille du Nouvel An 1989, voici les vœux présidentiels.
Travaillons, en cette année 1989, qui marquera le 45e anniversaire de la Révolution sociale et nationale, antifasciste et anti-impérialiste,...

01 :48 :43
Cet homme amaigri affaibli peut-il encore faire peur ?
Oui car il n’a pas renoncé.

01:48:53
Le 23 août 89, les troupes passent devant lui en revue, à l’occasion de la fête nationale. C’est la 25ème fois depuis son accession au pouvoir. Mais, pour lui, c’est la première occasion de le faire à partir du balcon du musée Ceausescu qui plus tard sera son mausolée. Il est tard Camarade, voilà ce qu’il reste de ton bâtiment.
Au 14ème Congrès du Parti Communiste Roumain, alors que le mur de Berlin est déjà tombé, il défie une dernière fois Gorbatchev et l’occident.
Les délégués applaudissent comme des automates. Ils sont déjà morts. L’Histoire va se passer d’eux.



01:49:31
Interview: Minodora Ilie.
Après ce Congrès, la sœur de Ceausescu est venue me voir et m’a dit : « quelque chose ne va plus en Roumanie, je pense que c’est fini. » Je n’oublierai jamais ces paroles : « Maintenant je n’ai plus qu’à prier pour mon frère parce que c’est fini. »

01:49:53
Interview: Corneliu M\\nescu.
Après avoir entendu ce discours, je suis resté songeur. Je crois qu’au plus profond de lui, il avait peur d’être lâché par ses proches, de ne pas être tant aimé que ça par son peuple.

01 :50 :23
Le tribunal est arrivé de Bucarest, l’avocat de la défense était dans le même hélicoptère que les juges et le procureur. Le public est constitué par quelques uns des nouveaux maîtres du pays.

01 :50 :37
Interview: Razvan Téodorescu
Il ne faut jamais oublié que ce procès qu’on accuse à juste titre pour la façon très sommaire dont ça s’est passé, a été salué par toute l’opinion publique roumaine.

01:50:54
Sentence (court extrait).

01:51:01
Protestation d’Elena
Non, non, je ne veux pas ! Ce n’est pas bien ! Vous avez tort ! Vous n’avez pas le droit de...

01:51:08
Interview: Florin Tudose.
C’est ce qui se passe avec tous les grands paranoïaques : ils meurent sans comprendre ce qui leur arrive, en quoi ils ont eu tort. Il y a comme une fatalité à persévérer dans ses erreurs jusqu’au dernier instant.

01 :51 :38
Ceausescu est mort, il y a 10 ans, mais il a marqué ce pays comme nul autre dirigeant ne le fit ailleurs.

01 :51 :58
Interview: Silviu Brucan
La Securitateest le problème inachevé de la révolution roumaine. Jamais on a fait une enquête pour leur activité monstrueuse, répressive, criminelle. Jamais on fait un procès juridique sur la Sécuritate, jamais.



01 :52 :20
Interview: Mihai Florescu
Dominique Bromberger : Vous pensez qu’on peut en parler maintenant ?
Mihai Mihai Florescu : Ce n’est pas encore le moment de parler de ça.

01:52:28
Interview: Minodora Ilie.
Dominique Bromberger : Est ce que vous pensez qu\'il faut pardonner à Ceausescu pour ce qu\'il a fait?
Minadora Ilie : C’est l’histoire qui jugera. Personnel¬lement, je ne peux pas vous répondre, maintenant.

01 :52 :57
Le diagnostic est simple. Ceausescu était un paranoïaque dont la maladie a été aggravée au contact de sa femme Elena. Mais une question reste posée : pourquoi ont-ils réussi si facilement à entraîner toute la Roumanie dans son cauchemar sans que presque personne ne leur résiste ? Les roumains n’ont sans doute pas fini de s’interroger là-dessus.

FIN